Quelle est notre vision pour le Burkina Faso ?

Notre action est, par l’histoire récente des luttes de notre peuple, héritière de la Révolution du 04 Aout 1983 et de l’insurrection populaire d’Octobre 2014. Nous n’en revendiquons pas une exclusive paternité, mais nous en assumons l’inclusif destin et la mission sacrée avec d’autres forces démocratiques et populaires, fondés sur une aspiration à la RUPTURE. « Plus rien ne sera comme avant ! » : ce message, sans ambigüité, est la lettre de mission de notre peuple à la classe politique. Il nous enjoint de poser les fondations d’une société à jamais débarrassée des pratiques de corruption et de prédation.
Nous sommes en ordre de bataille contre le statu quo politico-social et économique. Nous voulons être en communion avec le Peuple pour bâtir la Patrie dans la droiture, la dignité, et autour de nouveaux paradigmes.
Le temps du vase clos des pseudos avant-gardes éclairées, des timoniers nationaux, des guides, propriétaires, présidents d’honneur de Partis, est révolu et il est heureux qu’il en soit ainsi !
Debout, avec toutes les autres forces vives et intègres, nous nous mettons au service de la Patrie pour faire du Burkina Faso une nation démocratique et prospère, avec des femmes et des hommes intègres et patriotes, engagés dans la construction des Etats-Unis d’Afrique
Nous sommes solidaires des autres peuples d’Afrique et du monde pour la Paix et la Sécurité. Aujourd’hui plus que jamais, le Burkina Faso appréhende autant que toute autre nation, que la paix et la sécurité sont des conditions nécessaires et indispensables pour se bâtir et s’épanouir. Pendant des décennies, des institutions de notre pays ont servi de bases arrière et de canaux diplomatiques pour déstabiliser et semer la guerre contre des peuples africains frères.
C’est pourquoi, dans un élan de fraternité retrouvée, nous appelons à la solidarité de ces mêmes peuples meurtris par les démons de la guerre et du terrorisme. Avec ses filles et ses fils, notre peuple construira la paix et la sécurité dans la solidarité avec les autres peuples, avec en ligne de mire, la réunification des Peuples africains au sein d’un grand ensemble politique, capable de garantir notre sécurité collective, en tout temps et en tout lieu.
Nous en sommes conscients et voulons fédérer toutes les énergies autour de l’agenda politique d’auto-détermination par les peuples africains.
Les chantiers de notre projet de Refondation sont immenses : établir les conditions d’un bien-être équitable et respectueux de nos valeurs culturelles de vérité, de justice, d’équité, de solidarité (Maât), d’intégrité, de sens de l’honneur et de patriotisme (Burkindlim), autour du principe de transformation de la société. Cela implique de revisiter de fond en comble les conceptions de l’État, de son administration, de ses institutions, de la richesse, du bonheur, du travail, de la production, des services sociaux, de la consommation, etc.

Un Burkinabè nouveau, acteur du développement

La construction du Burkina Faso de nos rêves commence et a pour finalité le Burkinabè, dans une  vision de développement intégral du capital humain.
Notre mouvement se donne pour priorité la formation du Burkinabè nouveau, capable de connaissances et de valeurs civiques, un citoyen conscient de ses devoirs et de ses droits, un citoyen respectueux du bien public, de la nature, du patrimoine commun, de la vie en famille et en société.
Le Burkinabè de bonne moralité, travailleur et patriote, qui participe pleinement à la vie de la cité, redevable, valorisé et jouissant des fruits de son travail, est notre ambition pour un Burkina Faso nouveau. Pour cela, il nous faut mettre en place :

  • une école de développement qui réarme le citoyen de ses valeurs morales et culturelles, et qui forme et forge le patriote, le travailleur et le producteur ;
  • un accès universel à l’école, à la formation continue, à l’école des métiers qui pose les jalons d’une servicisation de l’économie ;
  • un pacte national sans délai pour éliminer l’illettrisme au Burkina Faso.

Un État moderne au service du bien-être collectif et individuel

La refondation de l’État et de ses institutions est confrontée à la fois au défi de rompre et de reconstruire. Face aux discriminations et aux ségrégations socio-économiques, sexistes, ethnicistes et religieuses, face aux crises institutionnelles, aux menaces de remise en cause des libertés publiques, aux faiblesses des contre-pouvoirs et des espaces de médiation, il s’agit de développer de nouvelles proximités pour retrouver du lien et du sens collectif, de mettre l’action publique au service de l’intérêt général, de redonner une nouvelle dynamique à la démocratie.
De façon plus précise, il s’agit entre autres de :

  • déconstruire l’État néocolonial pour construire, à partir de nos valeurs africaines, un État moderne, un État de développement fondé sur la souveraineté populaire et une administration financière performante, gérée de façon rigoureuse et vertueuse ;
  • transformer l’administration de commandement territorial en une administration de développement, une administration démocratique assumée par les élus et acteurs locaux ;
  • démocratiser l’exercice du pouvoir exécutif et législatif à travers des exécutifs et des législatifs régionaux dans de nouveaux paradigmes de compétences et de responsabilités de développement régional transférés et garantis par la Constitution ;
  • refonder l’administration de fonctionnariat d’État en une administration de développement populaire et de services basés sur des obligations de résultats ;
  • refonder l’animation politique et la gestion politique de la cité en une démocratie populaire, de contrôle citoyen et de redevabilité mutuelle permanente entre les élus et le peuple souverain ;
  • jeter les bases d’une politique de sécurisation et de défense populaire et patriotique.

Une économie au service du développement humain

La refondation économique repose sur le postulat que la première richesse d’une nation, c’est son capital humain. Il s’agira par conséquent d’investir dans l’être humain à travers l’éducation et la santé. La refondation économique pose les fondements d’une organisation économique et sociale d’un autre type : à la dictature du PIB, nous opposons les indicateurs de bien-être, d’égalité, d’émancipation, de sociabilité, etc. Cela passe aussi par :

  • une transformation des structures de production agro-sylvo-pastorale, des produits agricoles et des ressources locales pour garantir la souveraineté alimentaire et la création d’emplois dans ce secteur ;
  • un agenda national de politique écologique : exploitation des ressources naturelles, des ressources premières dans le respect de l’éco-système et l’équilibre pour les générations futures ;
  • un modèle social fondé sur l’équité, qui favorise l’épanouissement physique, économique, social et mental de la femme et de la jeune fille pour leur pleine participation à la vie socio-politique et économique du Burkina Faso ;
  • une économie moderne industrialisée basée sur des chaînes de valeurs créatrices d’emplois ;
  • la construction d’une servicisation de l’économie, une économie de la connaissance, une économie du développement des services.